Domaine thématique Questions institutionnelles

La Suisse préside l‘OSCE en 2014

Utiliser des marges de manœuvre au sein d’une organisation de plus en plus polarisée

Pertinence pratique

  • L’OSCE est la plus grande organisation du monde pour la sécurité. En date du 1er janvier 2014, la Suisse a repris la présidence pour une année.
  • Dans le cadre des activités de l’OSCE concernant les droits humains, relevant de ce que l’on appelle la «dimension humaine», bon nombre font double emploi avec les activités du Conseil de l’Europe.
  • Toutefois, les évènements actuels en Ukraine montrent clairement que l’OSCE peut aujourd’hui encore jouer un rôle important, notamment dans le cadre de la promotion de la sécurité et de la stabilité.

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)

L’OSCE a été fondée en 1975 et avec ses 57 Etats membres d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord, elle est aujourd’hui la plus grande organisation du monde pour la sécurité. Ses priorités résident dans les domaines de la diplomatie préventive, de la prévention de conflits et de la gestion de crises, ainsi que dans la reconstruction et la consolidation des structures démocratiques dans les sociétés post-conflits.

La notion de sécurité et les activités de l’OSCE peuvent être divisées en trois domaines thématiques ou «dimensions»: la dimension politico-militaire, la dimension économico-environnementale et celle que l’on nomme la «dimension humaine ». Dans le cadre de cette dernière, l’Organisation aide les Etats membres à instaurer des institutions démocratiques ; à tenir des élections libres, équitables et transparentes ; à faire avancer l’égalité entre hommes et femmes ; à garantir le respect des droits humains en général, de la liberté des médias, des droits des minorités ainsi que de l’Etat de droit, et à promouvoir la tolérance et la non-discrimination.

L’OSCE face à de nouveaux défis

Bien que l’OSCE soit la plus grande organisation du monde en matière de sécurité, elle a perdu de son importance pratique depuis la fin de la Guerre froide. En ce qui concerne la «dimension humaine», il existe un certain double emploi entre ses activités et celles du Conseil de l’Europe, dont 47 des 57 Etats de l’OSCE font partie. En outre, l’Union européenne a repris, de par son élargissement à l’Est, beaucoup de fonctions exercées jusque-là par l’OSCE en Europe de l’Est.

Par ailleurs, la crédibilité de l’Organisation a beaucoup pâti du fait que sa présidence a été assumée par plusieurs Etats où le bilan en matière de droits humains est bien mauvais et le fait que les décisions soient soumises à consensus fait obstacle à l’adoption d’importantes réformes institutionnelles. L’OSCE souffre en plus de la polarisation politique croissante des dernières années entre les Etats-Unis et la Russie. Néanmoins, le maintien de l’Organisation n’a jusqu’à présent jamais été remis en question et aucun Etat n’en est sorti.

Les priorités de la présidence suisse

En date du 1er Janvier 2014, la Suisse a repris la présidence de l’Organisation pour une année. A cette occasion, elle s’est fixé trois objectifs : Promouvoir la sécurité et la stabilité, améliorer les conditions de vie des individus et renforcer la capacité d’action de l’OSCE. A cet effet, la Suisse souhaiterait mettre l’accent de manière générale sur le dialogue avec la société civile, ce qui sera souligné par une série de conférences régionales de la société civile.

En raison de l’évolution récente des événements en Ukraine, le président de la Confédération Burkhalter, en sa qualité de président de l’OSCE, a nommé un envoyé personnel pour l’Ukraine. Il a aussi proposé la création d’un groupe de contact international pour la coordination de l’aide internationale, ainsi que l’envoi  d’une mission de l’OSCE, afin d’évaluer la manière dont l’OSCE peut soutenir au mieux l’Ukraine dans le processus de transition actuel. Il semble donc que l’OSCE, malgré les défis mentionnés,  puisse encore et comme par le passé jouer un rôle important notamment en matière de sécurité et de stabilité.

12.03.2014